Numéro 659 - octobre 2026 jurisantĂ©

Droit en santé

Soins psychiatriques sans consentement

Le tiers familial demandeur demeure-t-il le protecteur du patient ?

Dans le cadre des soins psychiatriques sans consentement, le tiers familial joue un rĂŽle singulier : il peut ĂȘtre Ă  l’origine de la demande d’admission, sans pour autant dĂ©cider de la mesure. Longtemps considĂ©rĂ© comme un proche agissant dans l’intĂ©rĂȘt du patient, son statut vient d’ĂȘtre prĂ©cisĂ© par la Cour de cassation dans un arrĂȘt du 3 juin 2026. En dispensant le membre de la famille de justifier qu’il agit dans l’intĂ©rĂȘt du patient, la haute juridiction privilĂ©gie une conception objective de la qualitĂ© de tiers. Une Ă©volution qui renforce la sĂ©curitĂ© de la procĂ©dure, mais qui soulĂšve une question essentielle : jusqu’oĂč peut-on faire confiance au lien familial lorsque des conflits d’intĂ©rĂȘts peuvent exister ?

Le dispositif des soins psychiatriques sans consentement repose, par nature, sur une conciliation dĂ©licate entre deux impĂ©ratifs : la protection de la personne dont les troubles mentaux rendent impossible le consentement aux soins et la garantie de sa libertĂ© individuelle. Dans ce cadre, l’article L. 3212-1 du Code de la santĂ© publique autorise le directeur d’un Ă©tablissement Ă  prononcer l’admission en soins psychiatriques lorsque, d’une part, les troubles mentaux de la personne rendent impossible son consentement et, d’autre part, son Ă©tat mental impose des soins immĂ©diats. Quand l’admission intervient Ă  la demande d’un tiers, cette demande peut ĂȘtre prĂ©sentĂ©e par un membre de la famille ou par une personne justifiant de relations antĂ©rieures avec le malade lui donnant qualitĂ© pour agir dans son intĂ©rĂȘt. Le texte distingue ainsi le lien familial, qui suffit Ă  fonder la demande, de l’hypothĂšse dans laquelle le demandeur doit Ă©tablir la rĂ©alitĂ© de relations antĂ©rieures avec le patient et la qualitĂ© pour agir dans son intĂ©rĂȘt. C’est prĂ©cisĂ©ment cette distinction qui est traitĂ©e dans l’arrĂȘt de la Cour de cassation du 3 juin ...

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