L’innovation est souvent perçue comme une quête du progrès, une course effrénée vers de nouvelles solutions. Mais qu’entend-on réellement par « innover » ? À travers une approche historique et philosophique, le Pr Xavier Pavie, philosophe, professeur à l’Essec Business School et directeur de programme au Collège international de philosophie, nous invite à interroger cette notion sous un angle plus large, allant au-delà des avancées technologiques pour intégrer les dimensions organisationnelle, sociale et politique.
La définition de l’innovation a une dimension contemporaine. Elle consiste à provoquer un changement. Du latin in, « à l’intérieur », et novare « faire du neuf, changer », l’innovation renvoie donc au changement à l’intérieur. Le Pr Xavier Pavie a pris l’exemple des dents de sagesse chez l’humain : si ces dents étaient autrefois nécessaires pour la mastication de viande crue, elles sont devenues inutiles. Un établissement hospitalier doit avoir la même démarche d’innovation : changer à l’intérieur pour s’adapter à de nouvelles organisations. Issues du terme grec kainotomia, « changement », les innovations sont des changements organisationnels, architecturaux ou juridiques. À titre d’exemples et respectivement, Xénophon a proposé de premiers changements organisationnels, Hippodamos de Milet des innovations architecturales, et Aristophane des innovations concernant le droit des femmes. L’économiste Joseph Schumpeter donne en 1911 une définition de l’innovation, indiquant qu’elle est l’exploitation industrielle des inventions ainsi que les dissidences industrielles qu’elles impliquent. Les quatre critères ...
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