Numéro 614 - mars 2022dossier

Enseigner

Incertitude cognitive

Apprendre Ă  raisonner

De son expérience d’urgentiste, la Pre Christine Ammirati connaît la nécessité de décider dans un contexte de crise. Elle décrit ici ce qui se passe dans nos têtes lors de la décision, ce que nous apprenons et comment nous pouvons apprendre à décider dans l’incertitude, soulignant que les termes « décider » et « incertitude » ont la même racine étymologique, et qu’il faut distinguer deux modalités de raisonnement : le raisonnement intuitif et le raisonnement analytique (ou hypothético-déductif).

Il y a plusieurs options dans la décision, et l’imagination des conséquences est immédiate. C’est en effet l’imagination des conséquences qui va induire l’option de décision, puis l’exécution et le traitement des conséquences. Le fait de pouvoir expérimenter plusieurs options constitue un apprentissage expérientiel majeur dans la construction du raisonnement. Par ailleurs, plus le temps a passé, plus la place de l’émotion dans la décision a pris de l’importance : la décision dépend donc de critères objectifs mais également de nos facteurs humains et de l’expérience émotionnelle. Ces critères davantage subjectifs peuvent parfois prendre le pas sur la prise de décision rationnelle. Néanmoins, si l’émotion précède la prise de décision, elle la simplifie également, contrairement aux idées reçues. Raisonner : source d’erreurs Sur le plan clinique, il y a un consensus sur la théorie du double processus : le raisonnement intuitif qui précède le raisonnement « hypothético-déductif » est le plus prégnant dans nos prises de décision, comme a pu le montrer Thierry Pelaccia pour les urgentistes. Cette théorie duelle ...

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