Lâinfluence du trajet domicile/travail sur la santĂ© mentale des salariĂ©s a longtemps constituĂ© un impensĂ©. Quâils soient implantĂ©s au cĆur dâune mĂ©tropole ou dâune ville moins densĂ©ment peuplĂ©e, ou encore en zone rurale, les Ă©tablissements sanitaires et mĂ©dico-sociaux ne semblent dĂ©sormais plus pouvoir faire lâĂ©conomie de cette rĂ©flexion.
On sait depuis la fin du XIXe siĂšcle que les zones urbaines, en particulier les grandes agglomĂ©rations, sont associĂ©es Ă des facteurs de risque accrus pour la santĂ© mentale. Bruit, pollution atmosphĂ©rique et lumineuse, manque dâespaces verts, rythme de vie plus intense, sur-stimulation sensorielle, prĂ©sence dâĂźlots de chaleur urbains en Ă©tĂ©, parfois sentiment dâinsĂ©curité⊠ont pu ĂȘtre associĂ©s Ă des niveaux de stress ou dâanxiĂ©tĂ© plus Ă©levĂ©s, ou Ă des troubles du sommeil plus frĂ©quents. Lâisolement social et le coĂ»t de la vie en milieu urbain sâajoutent Ă ces facteurs. La santĂ© mentale est donc sensible au mode de vie urbain. Or, lâexpansion dĂ©mographique et territoriale des grandes villes sâest aussi accompagnĂ©e du dĂ©veloppement de rĂ©seaux de transport individuel et collectif permettant aux salariĂ©s, repoussĂ©s vers les zones pĂ©riurbaines, de se rendre sur leur lieu de travail, puis de regagner leur domicile. Lâensemble de ces dĂ©placements rĂ©guliers entre le domicile et le lieu de travail dĂ©finissent la « mobilitĂ© pendulaire ». Pourtant, lâinfluence de ce trajet sur la santĂ© mentale des salariĂ©s a longtemps ...
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