Numéro 519 - octobre 2012dossier

Réflexion

L’hôpital peut-il renouveler son urbanisme ?

L’hôpital peut-il renouveler son urbanisme ?

Il existe un paradoxe hospitalier : l’hôpital, par excellence lieu de toutes les émotions, de la naissance à la mort, a parfois des locaux froids et disparates, dans certains cas agressifs. En France et à l’étranger, c’est même parfois un lieu inhospitalier. Depuis quinze ans, de nombreux autres services publics se sont dotés d’un véritable urbanisme : les aéroports, il y a vingt ans très impersonnels, sont devenus des lieux agréables et vivants ; les gares changent elles aussi un peu partout dans le monde ; les villes sont engagées dans un mouvement d’embellissement profond qui résulte de la combinaison de compétences multiples (architectes, éclairagistes, paysagistes, designers…) ; le mobilier urbain évolue à toute vitesse et vient unifier des espaces autrefois décousus. La question se pose alors : l’urbanisme hospitalier peut-il à son tour progresser ?

La question a quelque chose de provocant. Et pourtant, elle se pose. Alors que des démarches d’urbanisme se sont imposées dans tous les domaines, l’hôpital ressemble à ce que l’on pourrait appeler un « hôpital champignon », qui pousse au gré des saisons, c’est-à-dire des impératifs du progrès médical. Plus il est technique, plus il a du mal à maîtriser sa croissance. Il tend en permanence vers un archipel de bâtis. Quant à l’architecture d’intérieur, souvent en retard par rapport à celle qui prévaut dans le reste de la société, on observe les mêmes couloirs d’un établissement à l’autre, d’un pays à l’autre, les mêmes couleurs pastel, le même mobilier, d’ailleurs vendu fort cher. Plusieurs éléments peuvent expliquent ce constat. En premier lieu, on peut se demander si les locaux de l’hôpital (dont beaucoup sont anciens) ne sont pas en partie les héritiers de l’ancienne relation asymétrique de la médecine avec la société. De même, le choix de couleurs neutres véhicule peut-être une vision techniciste de la prise en charge qui met à distance l’émotion. L’hôpital répond peut-être en cela à la volonté ...

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