Numéro 606 - mai 2021dossier

organisation

D’un SAU à une maison de santé

Un exemple de circuit de réorientation

L’organisation de la prise en charge des urgences est une problématique majeure de notre système de santé, confrontée notamment à un lien défaillant entre les urgences hospitalières et la médecine de ville. En découle une augmentation constante du nombre de passages aux urgences qui a presque doublé en vingt ans(1). Les passages pour des raisons « non urgentes » augmentent eux aussi, et ce dans de nombreux pays(2). L’OCDE estime ainsi que parmi ses vingt et un pays membres, les modalités de financement des services d’urgence et des médecins urgentistes n’incitent pas à une « utilisation » efficiente des urgences par les patients(3). Certains pays ont ainsi mis en place des incitations financières pour diminuer ce recours devenu trop systématique(4). La réorientation est une autre solution pour lutter contre cet encombrement : elle permet d’orienter les patients pour lesquels une prise en charge dans un cabinet libéral, une maison de santé, une maison médicale de garde, voire vers un retour à domicile, est adaptée. Cette pratique est très répandue à l’étranger (Royaume-Uni, États-Unis, Canada, Allemagne, Belgique), il existe par exemple des recommandations du National Health Service, des sociétés savantes américaines et canadiennes. On la retrouve également en Allemagne(5) et en Belgique(6). Les auteurs proposent ici de décrire les résultats d’une phase pilote d’un mois de l’une des premières expérimentations françaises de réorientation dans un CHU pédiatrique parisien, l’hôpital Robert-Debré.

En octobre 2019, le CHU pédiatrique Robert-Debré a noué un partenariat permettant de réorienter les patients se présentant à son service d’accueil des urgences pédiatriques (SAUP) vers la maison de santé Paris Lilas (MSPL) située à 7 minutes à pied. Cette réorientation n’a lieu qu’en journée et en semaine. Les deux objectifs principaux de cette réorientation sont le désengorgement des urgences et l’éducation des parents vis-à-vis des soins pouvant être réalisés en ville. Les principales étapes du circuit sont les suivantes : accueil au SAU par une aide-soignante (AS) qui renseigne le motif de la venue et enregistre l’enfant dans le système d’information de l’hôpital ; tri par une infirmière organisatrice de l’accueil (IOA) dans un box dédié. Ce tri est effectué via une échelle construite par l’encadrement et l’équipe paramédicale du SAUP du CHU Robert-Debré. L’IOA procède au tri, relève les constantes du patient avec l’aide d’une AS et vérifie si le patient bénéficie d’une couverture sociale. Dans cette phase pilote, seuls les patients en disposant sont réorientés vers la MSPL. Quatre niveaux ...

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