Numéro 583 - février 2019dossier

Point de vue

La T2A, un facteur fort de l’évolution du métier de DAF

Au-delà des dispositifs comptables largement maîtrisés, les directeurs des affaires financières (DAF) ont dû faire évoluer leurs compétences et leurs relations de travail. La formation des DAF leur a permis d’intégrer très rapidement les mécanismes de la tarification à l’activité. D’une vision purement comptable, ils sont passés à un pilotage qui intègre ces modalités de financement. D’abord, l’exercice de construction de l’état prévisionnel des dépenses et des recettes s’appuie sur des prévisions d’activité et de recettes les plus robustes possible au regard des résultats constatés des services. Ensuite, la construction intègre les évolutions tarifaires, encore que celles-ci ne soient pas évidentes à anticiper plusieurs mois avant la publication officielle des tarifs conjugués à l’utilisation d’un coefficient prudentiel. Enfin, les DAF ont largement acquis une culture du contrôle de gestion en interrogeant le coût des activités et les dépenses engagées pour les réaliser. Au-delà de la masse salariale, c’est l’ensemble des dépenses d’exploitation que le DAF se doit aujourd’hui d’expertiser.

Si les qualités demandées à ceux exerçant la fonction de DAF sont assurément techniques, le DAF doit aujourd’hui construire des liens avec d’autres professionnels de l’établissement. D’abord, il doit s’assurer d’un partenariat fort avec un médecin chef du département d’information médical (DIM) intégré à l’équipe de direction. En effet, il devient indispensable d’appuyer les analyses sur un rationnel médical tout en intégrant une vision précise des contraintes et des enjeux stratégiques pour l’établissement. Ces deux fonctions sont donc totalement complémentaires. Ensuite, le DAF doit pouvoir s’appuyer sur les professionnels disposant de l’expertise sur les disciplines scientifiques : comment engager les cliniciens dans une démarche de substitution vers les biosimilaires ou les génériques sans l’appui des pharmaciens ? Comment discuter de la juste prescription d’examens sans les radiologues ou les biologistes ? La maîtrise des charges à caractère médical, qui constitue un enjeu majeur des établissements de santé, implique de conduire un pilotage strict de ces dépenses qui ne peut se faire de façon pertinente sans ...

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