Numéro 619 - octobre 2022dossier

qualité

Mesurer la charge en soins paramédicale

Ajuster les organisations et les compétences

La mesure de la « charge en soins » s’est historiquement inscrite dans un recueil et une analyse quantitative d’actes et d’activités. La complexité des parcours de soins des patients et les pratiques interprofessionnelles collaboratives invitent à un changement de modèle en ajustant les organisations, les compétences et les co-activités aux besoins des patients, recueillis par anamnèse et mis en projet par le « raisonnement clinique soignant ». Les auteurs rendent compte ici d’une démarche pilote de construction d’un outil évolutif de recueil de la charge en soins, qui conjugue qualité/sécurité des soins aux patients et conditions de travail des équipes paramédicales. L’enrichissement et le développement de cet outil décisionnel, adossé au dossier patient informatisé, pourraient préfigurer des solutions d’aide à la décision soignante par intelligence artificielle. Ces futurs systèmes de pilotage seraient les clés de voûte d’organisations agiles face aux parcours complexes des patients, aux crises sanitaires et aux enjeux de l’attractivité et de la fidélisation des soignants.

Les années 1980 ont vu l’émergence de la pratique de la médecine basée sur les preuves, qui conjugue l’expertise du clinicien, la prise en compte des besoins du patient et les meilleures données scientifiques disponibles. L’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins a été envisagée concomitamment par les soignants par l’adaptation des organisations de soin selon la typologie des patients pris en charge. Des outils spécifiques ont été ainsi conceptualisés et développés afin de mesurer la charge en soins, laquelle est à distinguer de la charge de travail qui, elle, réfère à l’ergonomie au travail. La recherche d’outils d’aide à la décision organisationnelle des soins s’est traduite par la construction de nombreuses et différentes méthodes explicites ou implicites, directes ou indirectes, mobilisant différents indicateurs :  l’autonomie ou la gravité du patient : indépendance (Katz aux États-Unis, Rafaela en Finlande, Kuntzmann en France…), handicap (MAC XI au Québec), sévérité (Omega en France) ; la mesure des activités des infirmiers (PRN au Québec, SIIPS en France, AGGIR en France…) ou des ...

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