Dans de nombreux pays, les personnes dĂ©pendantes de drogues sont surreprĂ©sentĂ©es en milieu carcĂ©ral, oĂč « elles constituent environ un tiers de la population » (1). Les risques de transmission du VIH et des hĂ©patites existent mĂȘme sâils ne sont pas uniquement liĂ©s Ă lâusage de drogues. Le problĂšme des addictions existe en dĂ©tention comme Ă la sortie : ainsi, le taux de mortalitĂ© aiguĂ« liĂ©e Ă la drogue, ou dĂ©cĂšs par overdose, chez les personnes dĂ©tenues immĂ©diatement aprĂšs leur sortie de prison est observĂ© dans le monde entier (2). La prĂ©valence Ă©levĂ©e des addictions Ă lâentrĂ©e en prison en France est un fait probant. Il convient dâĂȘtre particuliĂšrement vigilant pour assurer les meilleures conditions de la prise en charge des personnes ayant des troubles de lâaddiction. Le repĂ©rage des personnes dĂ©pendantes, la nĂ©cessitĂ© de soins adaptĂ©s et dâun suivi en dĂ©tention comme la continuitĂ© des soins Ă la sortie de prison sont des Ă©tapes essentielles oĂč chaque intervenant doit agir en coordination. Afin dâamĂ©liorer la prise en charge sanitaire des personnes dĂ©tenues, une note interministĂ©rielle de 2001 et une instruction de 2010 doivent permettre de structurer une organisation adaptĂ©e.
La population incarcĂ©rĂ©e se caractĂ©rise par une prĂ©valence Ă©levĂ©e des phĂ©nomĂšnes dâaddiction Ă lâentrĂ©e en prison. Selon une Ă©tude de la Direction de la recherche, des Ă©tudes, de lâĂ©valuation et des statistiques effectuĂ©e en 2003(3), prĂšs de quatre entrants sur cinq dĂ©clarent fumer du tabac au quotidien et environ un sur sept consomme plus de vingt cigarettes par jour. La prĂ©valence du tabagisme quotidien est plus Ă©levĂ©e parmi les entrants en prison quâen population gĂ©nĂ©rale. En outre, un peu plus de trois entrants en prison sur dix dĂ©clarent une consommation excessive dâalcool, plus frĂ©quente elle aussi que dans lâensemble de la population (19 % en 2002 chez les hommes de 18-54 ans selon lâenquĂȘte ESPS(4)). Un tiers des entrants dĂ©clare une consommation prolongĂ©e et rĂ©guliĂšre de drogues illicites au cours des douze mois prĂ©cĂ©dant leur incarcĂ©ration. Il sâagit le plus souvent de cannabis, trois entrants sur dix dĂ©clarant avoir consommĂ© rĂ©guliĂšrement ce produit dans les douze mois prĂ©cĂ©dant leur incarcĂ©ration. Ă leur arrivĂ©e en prison, environ 7 % des personnes dĂ©clarent bĂ©nĂ©ficier dâun traitement de substitution. ...
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