La consĂ©cration rĂ©cente du droit au silence dans la fonction publique marque un tournant dans le contentieux disciplinaire des agents. Reconnue par le Conseil constitutionnel puis prĂ©cisĂ©e par le Conseil dâĂtat, cette garantie procĂ©durale, dĂ©sormais constitutionnalisĂ©e, impose Ă lâadministration dâinformer lâagent poursuivi de sa facultĂ© de se taire. David Charbonnel analyse ici les fondements, la portĂ©e et les limites de cette Ă©volution jurisprudentielle, Ă la lumiĂšre des principes du droit de la dĂ©fense.
Ăvoquer le silence de lâagent public, que celui-ci soit placĂ© dans une position statutaire ou contractuelle, conduit classiquement Ă arpenter les chemins de la dĂ©ontologie des fonctions publiques(1). Il est des obligations professionnelles qui, telles lâobĂ©issance, la loyautĂ© ou la dignitĂ©, peuvent suggĂ©rer le silence de lâagent public, quâil lui faudra nĂ©anmoins briser dans certaines circonstances, notamment lorsque lâordre reçu sera manifestement illĂ©gal et de nature Ă compromettre gravement un intĂ©rĂȘt public (obligation de dĂ©sobĂ©issance)(2) ou lorsque des informations ou des situations contraires Ă lâordre public se prĂ©senteront Ă lui (devoir dâalerte)(3). De maniĂšre plus significative, il est des obligations professionnelles qui imposent le silence de lâagent public. Que lâon songe non seulement aux obligations de neutralitĂ©(4) et de rĂ©serve, qui jouent respectivement dans et hors lâexercice des fonctions, mais surtout aux obligations de discrĂ©tion(5) et de secret professionnel(6). Dâailleurs cette derniĂšre fait-elle lâobjet dâune incrimination(7) ayant Ă©tĂ© dĂ©finie, Ă lâorigine, pour les professions mĂ©dicales. Cette ...
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