Quâil suscite lâespoir ou la crainte, le changement est un fait constant. Objet managĂ©rial avec ses mĂ©thodes, ses outils et ses compĂ©tences, le changement est devenu un leitmotiv dans le monde de la santĂ©, comme dans les autres pans de la sociĂ©tĂ©. Ce changement, le personnel hospitalier et mĂ©dico-social le vit quotidiennement dans ses fonctions au sein des Ă©tablissementsâ: passage aux 35 heures, dĂ©veloppement de la tarification Ă lâactivitĂ©, mise en place des groupements hospitaliers de territoire nâen sont que quelques exemples. Mais ce changement nâest pas nĂ©cessairement exogĂšne et/ou subiâ: il peut ĂȘtre initiĂ© et promu au sein de nos organisations, que ce soit par les collaborateurs, lâencadrement dirigeant, les reprĂ©sentants syndicaux, etc. Lâanalyse des sphĂšres philosophiques, sociologiques, culturelles permet de mieux cerner les contours de cette notion polysĂ©mique. De quels marqueurs profonds le changement est-il le signeâ? Ă quelles valeurs renvoie-t-ilâ? Quelles en sont les limitesâ? Les obstacles collectifs ou individuels, conscients ou inconscients, quâil rencontreâ? Et comment les dĂ©passerâ? LâĂ©dition 2017 du Graph Alpes, qui sâest dĂ©roulĂ©e du 9 au 11âŻmars 2017, a permis de rĂ©pondre Ă ces questions.
Du changement inconscient et subi Ă la volontĂ© consciente de changement Un thĂšme central dans lâhistoire de la pensĂ©e rationnelle Le changement constitue une thĂ©matique centrale dans lâhistoire de la pensĂ©e rationnelle. HĂ©raclite pose les bases du dĂ©bat dĂšs le VIe siĂšcle avant JĂ©sus-Christ, en partant du postulat que le feu Ă©tant le principe de toute chose, le monde est créé et dĂ©truit selon un retour Ă©ternel. Ce qui est, ce qui se dĂ©roule, nâexiste pasâ: tout est devenir, rien nâest stable, rien nâest permanent sauf, prĂ©cisĂ©ment, le changement. Cette affirmation fait cependant rapidement dĂ©batâ; si rien nâest permanent, le principe dâidentitĂ©, lâessence, la vĂ©ritĂ©, nâexistent pas. Comment penser si rien nâest fixeâ? La thĂšse hĂ©raclitĂ©enne est ainsi enrichie par Platon, Ă travers sa thĂ©orie des idĂ©es, permanentes. LâHistoire et lâĂ©volution comme vectrices du changement Selon Gilles Lipovetsky, dans les sociĂ©tĂ©s humaines, le changement naĂźt sous les traits de lâHistoire. Ce changement est inconscientâ: les sociĂ©tĂ©s ont changĂ© tout en pensant quâelles ne changeaient pas. Par ailleurs, les hommes ont, ...
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