Numéro 606 - mai 2021dossier

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Le bruit, fléau des établissements de santé

Bips, pleurs, portes, éclats de voix, roulement de chariots… Les hôpitaux sont des lieux de plus en plus bruyants. Alors que l’OMS recommande depuis 2000 de ne pas dépasser les 35 dB(1), le niveau sonore moyen diurne y est passé de 57 dB dans les années 60 à plus de 70 dB(2) ! Des études ont montré que le bruit nuit au sommeil des patients, mais aussi à la qualité des soins apportés. Autrement dit, plus il y a de bruit plus le personnel soignant risque de faire des erreurs.

Parmi les bruits qui retentissent à l’hôpital, l’alarme fait partie des nuisances sonores les plus fréquentes. Chaque patient entend en moyenne 135 alarmes par jour, soit une toutes les onze minutes(3). Une étude menée en 2019 auprès de patients subissant une intervention médicale a enregistré une moyenne de 359 alarmes au cours de chaque procédure, soit plus d’une alarme par minute(4) ! Des alarmes qui proviennent de nombreuses sources, par exemple les données vitales d’un patient (pousse-seringue, monitoring cardiaque…) mais aussi des événements moins critiques comme apporter de l’eau dans une chambre ou répondre à une alarme technique. Le soignant est soumis à un grand nombre d’informations dans la journée, parfois pour des interventions immédiates, parfois nécessitant une simple attention. Bref, une avalanche d’alarmes qui produisent un environnement bruyant et fatigant, impactant la prise en charge et le suivi des patients. Ce phénomène « d’alarme fatigue » se traduit notamment par l’augmentation du temps de réaction chez les professionnels de santé. En effet, un niveau sonore excessif peut empêcher la prise en compte ...

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