Numéro 619 - octobre 2022dossier

réflexion

La personnalité en management

Attention, sujet tabou !

Depuis quelques mois, le monde du travail est l’objet de toutes les spéculations, qui plus est lorsqu’il s’agit de comprendre le malaise hospitalier ou la désaffection pour le médico-social. Grande démission, fuite du personnel, tensions exacerbées sur la période estivale, fermetures de service. D’une manière désormais caricaturale depuis plus de dix ans, de nombreux acteurs publics cherchent une planche de salut autour d’une fameuse grande loi qui résoudrait toutes les difficultés des soignants ou bien dans la résolution définitive du dilemme peu cornélien entre changer les organisations ou augmenter les effectifs. La grande loi n’arrive jamais, le dilemme reste sans solution. Malgré un besoin criant. Toutefois, il faut revenir à un constat simple : derrière ces décisions à prendre, au-delà du désir de refondation, il y a des personnes. Une fois n’est pas coutume pour Gestions hospitalières, et pour approfondir la compréhension des conditions de travail modernes, Frédéric Spinhirny propose d’aborder un sujet complexe, en dehors des sentiers de la gestion : le rôle crucial de la personnalité en management.

De l’importance de percevoir le caractère des individus Le caractère est une notion complexe dans le champ lexical de l’identité. Pour définir qui nous sommes, nous parlons indistinctement d’humeur, de caractère, de personnalité, de comportement, de passions, d’émotions, de pulsions. Cette complexité rebute de prime abord. Du caractère, les managers s’en défendent, laissant ce sujet à la psychologie. Au moment de poursuivre l’analyse, les sciences humaines elles-mêmes redoublent leur réflexion en divisant l’individu entre le sujet et son comportement : le premier serait libre et authentique, le second déterminé et influençable. Pourtant, le management doit conserver une réflexion propre sur le caractère, pour répondre aux débats contemporains sur l’identité du sujet qui fait face à la modernité des conditions de travail. Car notre caractère est la matière avec laquelle nous répondons au monde. Son lien indéfectible avec la constitution de notre corps, élément involontaire hérité à notre naissance, mais aussi avec ce qui vient de l’extérieur nous former comme personne, engage un rapport limite à nos performances. C’est ...

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