Numéro 619 - octobre 2022dossier

réflexion

La gestion des ressources humaines en crise… en 1962

« Ce n’est pas uniquement par des augmentations de salaires, certes indispensables, que les hôpitaux assureront un meilleur recrutement du personnel qualifié qui leur fait cruellement défaut, c’est par un aménagement des horaires et de la rationalisation des travaux, par l’équipement rationnel et suffisant du matériel, c’est aussi par l’application des mesures sociales, non paternalistes, ni astreignantes, que l’on décongestionnera les cœurs et les corps submergés par la peine, parfois par les peines. » Cette phrase pourrait dater de 2022, mais l’article dont elle est extraite a été publié dans Gestions hospitalières en mai 1962. Il y a plus de 60 ans… 

Relire les numéros de cette année-là est une leçon d’humilité : les établissements peinaient à recruter et débordaient d’imagination pour améliorer les conditions de travail. L’auteur de l’article précité n’est pas mentionné, mais il cite un certain collègue, Faucon, et illustre son propos par la description des nouveaux logements du personnel du centre Léon-Bérard, à Lyon. La réalité du travail hospitalier L’un des fondateurs de Gestions hospitalières, Henri Terraillon, directeur honoraire des hôpitaux, déclarait que « le directeur d’hôpital de la région de Paris est peut-être un des fonctionnaires qui a souffert et qui souffre le plus de l’incohérence de la structure hospitalière de sa région(1) ». Concernant les ressources humaines, il précisait, sur ce que nous appelons aujourd’hui « qualité de vie au travail » (concept dont la lecture des publications des années 60 confirme l’absence de caractère innovant) : « Nous demandons à ce personnel d’ignorer la semaine de cinq jours de travail, de ne prendre leurs congés annuels qu’en les étalant, pour assurer la continuité de marche des services, sur une ...

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