Numéro 658 - septembre 2026 dossier

Analyse

La confiance, nouvelle frontière de la santé publique

Bouclier sanitaire en temps de crise, vivier de compétences stratégiques : le rôle de l’hôpital dans la souveraineté nationale est aujourd’hui bien identifié. Mais une autre dimension, moins visible, s’impose progressivement : celle de la confiance. À l’heure où la désinformation en santé fragilise l’autorité du discours, l’auteur propose ici d’explorer ce nouveau front de la souveraineté sanitaire et la place que l’hôpital peut y occuper.

En prenant un prisme contemporain, on dirait de la souveraineté qu’elle est un « pouvoir suprême de domination, c’est-à-dire d’une puissance irrésistible et inconditionnée qui, non seulement s’impose aux assujettis, sans qu’ils puissent s’y soustraire, mais encore échappe à tout lien de subordination, à toute relation de dépendance (1) ». Une telle définition vise, bien entendu, la notion de souveraineté telle qu’elle s’applique à l’État et qui se comprend comme un synonyme de la puissance (2). Si c’est bien là le sens authentique de la souveraineté, ce n’est pas sous cette forme qu’il s’est le plus montré ces derniers temps. Il est, en effet, devenu fréquent de lui adjoindre une forme adjectivale pour marquer l’importance de tel ou tel champ des politiques publiques : souveraineté alimentaire, énergétique, numérique, technologique, sanitaire, etc. La même idée irrigue pourtant les formes sectorielles de la souveraineté. En constatant que l’État est aujourd’hui forcé de jouer le jeu des interdépendances, souvent malgré lui, les gouvernants cherchent les moyens de restaurer son autonomie, condition nécessaire de ...

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