Numéro 652 - janvier 2026 dossier

analyse

Entre mots et maux : repenser le langage de la santé

De la parole confisquée du patient d’hier à la cacophonie contem­poraine où chacun revendique sa voix, s’exprime la même tension : celle d’une société en quête de sens, d’écoute et de légitimité. À travers l’évolution du langage médical, c’est toute l’histoire du rapport entre soignants et soignés qui se révèle, celle d’un passage du paternalisme à la démocratie, non sans heurts ni malentendus. Reste à retrouver le fil d’un dialogue commun, indispensable à toute société du soin.

«Ne confondons pas. Est-ce que ça vous chatouille, ou est-ce que ça vous gratouille ? » Cette illustre réplique du Dr Knock de Jules Romains arrachera sans doute un sourire à certains lecteurs. Le choix de débuter notre propos par cette référence n’est toutefois pas anodin : le comique de la situation met en lumière la situation de dépendance médicale dans laquelle le patient se trouve face à son médecin. Le langage est l’essence même de la relation de soin. Sans communication et compréhension entre les deux protagonistes, on peut difficilement poser un diagnostic et proposer un traitement. Parler, échanger, communiquer, poser des questions et y répondre, reformuler, acquiescer ou corriger, autant de gestes de langage qui tissent, à chaque instant, la trame du soin et rendent possible la rencontre entre celui qui souffre et celui qui soigne. Mais une langue évolue au fur et à mesure qu’elle est utilisée. Elle s’imprègne des influences des autres langues qu’elle côtoie. Elle acquiert de nouveaux mots à mesure des progrès technologiques ou des évolutions sociétales, elle en abandonne certains, jugés obsolètes ou inusités… ...

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