Numéro 510 - novembre 2011[dossier]

Ressources humaines

Temps de lecture : 3 minutes

Gestions hospitaliĂšres ouvre une nouvelle fois ses pages centrales Ă  la gestion des ressources humaines (GRH). Une nouvelle fois, car cette problĂ©matique a Ă©tĂ© l’un des thĂšmes prĂ©fĂ©rĂ©s des auteurs de la revue, comme l’a montrĂ© l’introspection du 500e numĂ©ro. Une fois encore, car l’essence mĂȘme de l’hĂŽpital est le travail sur l’humain. Ne perdons jamais de vue que, s’agissant du soin, l’attention portĂ©e au malade doit accompagner la rĂ©ponse technicienne. N’oublions pas non plus, Ă  l’heure oĂč le personnel fait trop souvent figure de variable d’ajustement, qu’il reprĂ©sente le premier poste des dĂ©penses hospitaliĂšres (le titre 1 !).

C’est pourtant une ressource rare, Ă  forte valeur ajoutĂ©e, dont la gestion durable doit s’inscrire dans le temps. Une nouvelle fois donc, un dossier RH : huit articles qui, puisant Ă  la source de petites et de grandes structures, offrent un panorama du nouveau visage du management des RH au sein du monde hospitalier. Un nouveau visage caractĂ©risĂ© par diffĂ©rents traits : augmentation des intervenants, professionnalisation de la fonction, attention nouvelle portĂ©e aux personnels, approche collective et personnalisĂ©e
 Des prĂ©occupations rĂ©centes et des outils plus anciens. Leur conjugaison, le partage des responsabilitĂ©s entre les diffĂ©rents niveaux d’action dessinent les lignes de force d’une gestion moderne des RH Ă  l’hĂŽpital. La fonction RH trouve source dans le socle des valeurs portĂ© par le projet de soin, qui donne sens Ă  l’action des professionnels et oblige les manageurs Ă  expliquer le cap choisi. Une nouvelle gouvernance se fait jour, Ă  l’exemple de l’AP-HM oĂč les tableaux de bord sociaux sont dĂ©clinĂ©s sur toute la chaĂźne de responsabilitĂ©s. Cette fonction, pendant longtemps l’apanage d’un DRH aux dĂ©cisions sinon contestĂ©es du moins mal interprĂ©tĂ©es, est aujourd’hui partagĂ©e au sein des instances dirigeantes et par les responsables de pĂŽles et les cadres de proximitĂ©. La question des risques psychosociaux, aujourd’hui incontournable, Ă  l’hĂŽpital comme ailleurs, est une prĂ©occupation nouvelle de la GRH. Jean-Louis Dongradi montre bien que, pour ĂȘtre bien apprĂ©hendĂ©e, la prĂ©vention des risques psychosociaux procĂšde d’une dĂ©marche inscrite dans le temps qui fait appel Ă  des outils familiers des hospitaliers (enquĂȘte, indicateurs
).

Il montre aussi combien une pratique « humaine », attentionnĂ©e, du management permet de prĂ©venir ces risques. Accompagner l’agent tout au long de sa carriĂšre, prĂ©occupation moins rĂ©cente, prend aujourd’hui une dimension nouvelle. Tel est l’enseignement Ă  retenir des articles consacrĂ©s d’une part Ă  la mise en place du passeport formation au centre hospitalier de Villefranche-sur-SaĂŽne, d’autre part Ă  la problĂ©matique de l’ñge et de la gestion des personnels vieillissants perçue par les DRH algĂ©riens. On touche lĂ  aux questions de motivation et d’engagement, aux nĂ©cessaires rĂ©flexions partagĂ©es sur les organisations de travail et les trajectoires d’activitĂ©, Ă  la gestion des temps longs
 Autant de situations dans lesquelles l’agent est appelĂ© Ă  devenir acteur de son parcours professionnel. Conjuguer besoins institutionnels et aspirations personnelles, vision globale et gestion personnalisĂ©e, oriente l’action vers la gestion prĂ©visionnelle des mĂ©tiers et des compĂ©tences. Outil indispensable, celle-ci participe Ă©galement d’une fonction RH partagĂ©e entre la DRH et les cadres de proximitĂ©. Encore faut-il que les uns et les autres s’entendent sur les concepts et les attentes rĂ©ciproques, sur l’outil et les perspectives qu’il ouvre. L’étude rĂ©alisĂ©e au sein de quatre Ă©tablissements franciliens montre, une dĂ©cennie aprĂšs son introduction dans la culture hospitaliĂšre, que la GPMC peine encore Ă  s’exprimer concrĂštement. Partage de la fonction RH, formation, compĂ©tences, mutualisation des ressources
, le pĂŽle est devenu un acteur Ă  part entiĂšre de la GRH.

Ce rĂŽle d’acteur de proximitĂ© n’est pas sans consĂ©quences. L’exemple du pĂŽle chirurgie de l’hĂŽpital Bichat montre bien en quoi la mutualisation des personnels non mĂ©dicaux, trĂšs formalisĂ©e, influence le management de la structure sous diffĂ©rents aspects (communication individuelle et d’équipe, gestion de la conflictualitĂ©, nĂ©gociation
) et, partant, comment il renforce le rĂŽle du cadre de proximitĂ©.