Numéro 540 - novembre 2014graph

Réflexion

Le système de santé allemand

La première édition européenne du Groupe de recherche et d’applications hospitalières (Graph) s’est tenue à Berlin avec, pour objectifs, d’élargir les horizons hospitaliers français, de mener une réflexion autour de modèles applicables à nos établissements et de comparer nos outils. L’occasion – grâce à des conférences données par les principaux acteurs allemands et au travers de visites de terrain – d’analyser un système de santé qui, s’il présente des analogies avec le système français, n’en diffère pas moins sous certains aspects. En toile de fond de ce voyage d’étude, une principale interrogation pratique : quelles spécificités allemandes importer en France ?

Avec 500 000 lits, l’Allemagne affiche l’une des densités en lits les plus élevées de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) : 8,3 lits pour 1 000 habitants contre 6,4 en France. Les 2 000 hôpitaux allemands regroupent 1,1 million d’employés exerçant, comme en France, dans des hôpitaux publics, dans des établissements privés à but non lucratif – souvent gérés par des organisations religieuses – ou dans des établissements privés à but lucratif. On retrouve également le système assurantiel, avec comme spécificité la concurrence entre les caisses d’assurance maladie. La régulation est assurée au niveau régional par les Länder. L’organisation régionale apparaît pertinente pour structurer et réguler l’offre de soins. Pour autant, elle semble ne plus être l’échelle idoine pour les questions stratégiques nécessitant une priorisation nationale – on pense ici à la recherche ou aux plans relatifs à certaines pathologies – et/ou pour les secteurs à fortes économies d’échelle – achats par exemple. Si l’excédent total cumulé de l’assurance maladie atteint près de 30 ...

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