Numéro 618 - septembre 2022dossier

réflexion

Vers une architecture résiliente et circulaire

Depuis son apparition en tant qu’institution, l’hôpital n’a cessé d’évoluer dans sa forme et sa fonction. À l’origine simple lieu d’enfermement des mourants pour protéger la ville des miasmes, l’hôpital s’est transformé à partir du 18e siècle en machine à soigner, et aujourd’hui en un outil complexe en perpétuelle évolution. Concevoir et construire un hôpital prend souvent plus de dix ans. Comment alors répondre aux défis architecturaux que génère cette mutation de plus en plus rapide, auxquels s’ajoutent ceux des enjeux climatiques et sociaux de notre époque ? Les auteurs partagent ici quelques pistes de réflexion issues de leur pratique de l’architecture hospitalière.

Si l’hôpital a radicalement changé dans sa forme et son usage depuis son apparition, certains fondamentaux sont toujours perceptibles. L’hôpital d’aujourd’hui a ainsi conservé pour une part sa fonction originelle de lieu d’isolement, institué pour protéger le corps social, extrayant le patient de son cadre quotidien pour le soigner et, si possible, le restituer sain et guéri. Le malade est à cet égard un individu retiré hors du monde, dans la clôture du lieu et la suspension du temps nécessaire à la guérison. Ces derniers mois, la crise covid a réactivé et remis au premier plan cet usage de l’hôpital comme lieu d’isolement. Pour beaucoup d’entre nous, l’hôpital continue de porter la charge symbolique de l’institution qui nous soumet à sa propre logique et suspend notre vie quotidienne. Au même titre que l’école ou la prison, l’image unitaire de l’hôpital comme édifice public qui s’impose dans le paysage urbain est encore présente. Mais cette mise en scène de l’institution a-t-elle encore un sens ? Autour de la part irréductible de l’isolement associée principalement aux soins aigus, l’hôpital s’est aussi ...

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