Après le temps et les vertus en santé, Emmanuel Vigneron se penche sur l’argent. En mobilisant une lecture historique, philosophique et éthique, il analyse les tensions anciennes et actuelles entre médecine, argent et temps, et propose des pistes pour repenser l’organisation des soins au service de la vie et du bien commun.
Pr Emmanuel Vigneron* Avec la participation du Dr Arnaud Dellinger, de Bernard Dupont, du Pr Olivier Claris*, de Florence Arnoux, du Pr Patrice Diot*, du Dr Pierre de Haas, d'Émilie Bérard et de Loriane Ayoub * Membres de l'Académie nationale de médecine  Les trois géants évoqués dans notre article précédent – Robert Debré, Paul Milliez et Alexandre Minkowski – de même que des centaines de milliers d’autres médecins depuis deux siècles ont une autre caractéristique commune : ils ne parlent jamais d’argent. Et cela ne date pas d’aujourd’hui. On peut ainsi se référer à Guy de Chauliac et à sa Grande Chirurgie de 1363, c’est-à -dire se retourner encore sur le Moyen Âge. L’auteur y décrit les vertus que doit cultiver le chirurgien : « C'est chose sainte et digne d'honorer en premier lieu la vérité. Il est homme de savoir et de science et non point de croyances. » Là est pour Guy, la vertu cardinale, mais le chirurgien doit aussi en posséder quatre autres : « La première est qu’il soit lettré [instruit], la seconde est qu’il soit expert [qu’il ait appris auprès de ses maîtres et qu’il soit adoubé par ...
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