Numéro 658 - septembre 2026 dossier

Analyse

Santé publique : l’État, les territoires et la recomposition des pouvoirs

Longtemps confiée à des agences régionales dotées d’une large autonomie, la gouvernance de la santé publique connaît aujourd’hui un mouvement de recomposition. Entre retour en force du préfet, évolution du rôle des ARS et montée en puissance des groupements hospitaliers de territoire (GHT), l’organisation de l’offre de soins se redessine au gré des contraintes de terrain.

Le 14 novembre 2025, aux Assises des départements de France, le Premier ministre annonçait une réforme en profondeur des ARS, envisageant le transfert de leurs missions de sécurité sanitaire aux préfets, dans la suite des deux décrets du 30 juillet 2025 qui ont renforcé les prérogatives des préfets. Cette volonté de recentralisation découle de critiques sur le fonctionnement des ARS, notamment qu’elles seraient trop éloignées du terrain et trop concentrées sur la régulation et l’organisation de l’offre de soins (1). Or, la réorganisation de l’offre de soins n’a pas abouti et le maillage territorial apparaît « insoutenable », avec plus de 2 380 sites de soins mal répartis (2). Pourtant, les ARS, et les établissements de santé, autonomes et distincts du préfet, sont confrontés aux réalités de terrain conduisant en permanence à revoir l’offre sanitaire. Les critiques sur « l’agencification » de la santé et la révision inachevée de l’offre semblent conduire à un mouvement de recentralisation étatique, alors qu’au même moment les GHT s’affirment comme l’échelle pertinente des recompositions sanitaires. L’organisation ...

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