Numéro 543 - février 2015réflexion

Analyse

Résidents en institutions

Résidents en institutions

Le pari (audacieux) de la liberté

Réfléchir sur le statut du résident revient à s’interroger sur comment préserver, c’est-à-dire respecter, la liberté des personnes tout en permettant à une institution de fonctionner. La liberté est en soi un concept complexe et renvoie à la question de l’autonomie, qui elle-même débouche sur la possibilité du consentement. Il faut donc tenter d’explorer l’épineuse question de la liberté en tant que telle…

Pour la plupart d’entre nous, il ne fait aucun doute que nous agissons librement, que nous sommes responsables de nos pensées, de nos actes, etc. Pour Jean-Paul Sartre, l’homme est, en quelque sorte – du fait même de l’absence de sens de l’existence – condamné à être libre et donc à être l’auteur responsable de sa vie ; pour d’autres, la liberté est en soi une illusion. De Spinoza à Bourdieu, l’idée générale est que l’homme se pense libre car il ignore en fait ce qui le détermine à désirer ou à agir. Et plus précisément, nous dit Spinoza, « il n’y a dans l’esprit aucune volonté absolue ou libre : mais l’esprit est déterminé à vouloir ceci ou cela par une cause, qui elle aussi est déterminée par une autre, celle-ci à son tour par une autre, et ainsi à l’infini (1) ». « D’où il suit, en premier lieu, que les hommes se croient libres parce qu’ils ont conscience de leurs volitions et de leur appétit, et qu’ils ne pensent pas, même en rêve, aux causes qui les disposent à désirer (appetere) et à vouloir, parce qu’ils les ignorent (2).» Pour Spinoza, l’individu n’a pas de réelle souveraineté ...

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