Numéro 656 - mai 2026 dossier

TND

Protection de l’enfance

Le rôle des unités hospitalières spécialisées dans le repérage de négligences ou de violences

L’impact négatif des expériences adverses précoces (Adverse Childhood Experiences – ACE) sur la santé globale de l’enfant est aujourd’hui largement démontré. Il est également établi que les enfants porteurs de troubles neurodéveloppementaux (TND) présentent un risque accru d’exposition aux violences, notamment sexuelles. Parallèlement, des données récentes mettent en évidence une augmentation de la fréquence et de la gravité des symptômes de stress post-traumatique (TSPT) chez les enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA). Face à ce cumul de vulnérabilités, plusieurs questions se posent. À l’instar de Victor, mis en scène par François Truffaut dans L’Enfant sauvage et dont le tableau clinique pourrait aujourd’hui évoquer un autisme sévère, faut-il considérer que ces enfants sont davantage maltraités en raison des difficultés éducatives induites par leurs symptômes ou, à l’inverse, est-ce l’intensité des négligences ou des violences subies qui contribue à aggraver leur expression clinique ?
Les unités hospitalières spécialisées dans la prise en charge des violences faites aux enfants – UAPED et EPRRED – alertent sur la complexité et les risques spécifiques liés à ces situations.

Une exposition trois fois plus élevée à la violence et au harcèlement Violence dans l'environnement éducatif et familial Les situations susceptibles d’engendrer de la maltraitance infantile incluent notamment un contexte sociofamilial marqué par un stress relationnel chronique ou aigu, une vulnérabilité psychique de l’adulte en charge de l’enfant et/ou des besoins spécifiques de l’enfant auxquels ses caregivers ne parviennent pas à répondre. Plusieurs études montrent que les enfants porteurs de TND présentent, même après ajustement sur leurs facteurs sociaux et cognitifs familiaux, un risque au moins trois fois supérieur de subir des violences de la part de leurs caregivers par rapport à la population générale. Les formes les plus fréquemment rapportées sont la négligence (37 %), les violences psychologiques et sexuelles (47  %) et les violences physiques (16 %). Les auteurs de ces violences sont en majorité les caregivers principaux : le plus souvent les parents mais aussi d’autres membres de la famille, des gardes d’enfants ou des assistants maternels. La combinaison des spécificités cliniques des TND, en particulier ...

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