Numéro 620 - novembre 2022expĂ©rience

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Prendre soin de soi pour mieux prendre soin des autres

Être soignant, c’est accepter d’oublier son petit moi et ses petits ressentiments. L’amour que nous portons à notre métier et la vocation que nous avons à soigner sont nos plus grandes vertus. Mais dans cette profession, où l’empathie et le don de soi sont érigés en modèles, la santé des équipes est un capital qu’il est essentiel de sauvegarder. Aussi est-il important de rappeler que l’individualisme ne nie pas l’autre et que prendre soin de soi est, paradoxalement, la meilleure manière de prendre soin des autres.

En 2014, diplôme d’infirmier en poche, j’ai des éléments de compréhension sur le fonctionnement du corps et l’impact de l’activité physique sur celui-ci. Un cursus en psychologie me permet ensuite de saisir les enjeux de l’activité physique sur notre activité psychique et la manière dont le corps et le mental s’étayent.  En 2019 – malgré la pratique trois fois par semaine du renforcement musculaire pour pallier les contraintes physiques imposées par mon métier –, je souffre d’une tendinopathie chronique au niveau du coude gauche et d’usure prématurée de la hanche droite. En parallèle de ce que je vis, mes rencontres dans les services hospitaliers ne font que renforcer une intime conviction : si l’activité physique ne peut qu’être salutaire et prolonger l’espérance et les conditions de vie, elle peut aussi, dans une dynamique inverse, accélérer l’usure d’un corps, fragiliser et fatiguer. Quel paradoxe : je dédiais mon temps à prendre soin des autres mais je ne parvenais pas à prendre soin de moi-même ! J’étais formé pour promouvoir l’éducation à la santé auprès de mes patients, mais qu’en était-il de ma ...

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