Pour Albert Camus, « mal nommer les choses, c’est ajouter aux malheurs du monde. Ne pas les nommer, c’est nier notre humanité ». Peut-on se permettre de se taire pour ne pas créer de douleur supplémentaire alors que l’on attend de nous une parole, élément de réponse mais plus encore marqueur d’humanité ? La distinction que l’on est amené à opérer tient alors de nos compétences officielles et de la maîtrise de nos capacités personnelles. Mal nommer les choses pourra alors soit se présenter comme une conséquence d’un dysfonctionnement de nos capacités, donc d’un mal, soit provoquer un mal alors que l’on est au contraire en pleine possession de nos capacités. On comprend alors que nous faisons face à un préalable normatif : la définition du mal. Souffrance, souvent liée à un dysfonctionnement, la mal ne s’envisage fréquemment qu’en regard de son antithèse, le bien, l’usuel, bref, ce qui fonctionne comme on s’y attend. Le mal revêt souvent une consonance normative mais aussi déceptive : on souffre d’un mal, parce que notre corps nous l’indique au regard des conditions dans lesquelles il est mécaniquement censé ...
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