Numéro 607 - juillet 2021covid-19

réflexion

Le système de santé français à l’épreuve de la pandémie

À l’orée d’une prochaine sortie de crise, d’une libération et d’une délivrance enfin annoncées pour l’automne prochain, il semblait utile de rembobiner le film d’évènements souvent tragiques vécus depuis le début de l’année 2020 et de s’arrêter un moment sur le degré de robustesse de notre système de santé à l’épreuve de la pandémie de Covid-19. Un système de santé se définit comme un ensemble de moyens institutionnels, humains, techniques, économiques, financiers et budgétaires au service de la réalisation d’objectifs fixés à une politique sociale, en l’occurrence ici la politique de santé. La France disposant d’un système de type bismarckien, c’est l’État qui pilote, organise et contrôle le système de santé tandis qu’il appartient à la Sécurité sociale de le financer. Considéré à tort comme le meilleur du monde(1), il a subi de plein fouet la gestion d’une crise sanitaire sans précédent dans l’Histoire récente de notre pays. L’auteur s’intéresse ici à l’impact de cette pandémie sur le système de soins, élément essentiel du système de santé, et sur les modalités d’intervention de l’État pour endiguer la pandémie.

Un système de soins profondément désorganisé Les trois composantes du système de soins – en l’occurrence le secteur hospitalier (établissements de santé publics et privés), le secteur de soins ambulatoires (médecine libérale de ville, professionnels de santé libéraux non médicaux) et le secteur médico-social (dont les Ehpad) – ont été impactées à des degrés divers par la crise sanitaire. Cette dernière a été malheureusement l’occasion de raviver des tensions jamais apaisées entre les secteurs hospitaliers public et privé. Un secteur hospitalier très vite saturé Le secteur hospitalier, essentiellement public, a été très vite saturé face à la déferlante de la pandémie. Son organisation et son fonctionnement ont été particulièrement mis à mal par la crise sanitaire. Considéré un temps comme « inhospitalier », on a pu lui reprocher d’avoir failli à sa mission première d’accueillir tous les malades sans distinction ou discrimination en raison de leur état de santé. Les établissements ont été en effet conduits à effectuer des choix cornéliens afin de prioriser la prise en charge des malades en fonction de la ...

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