Numéro 557 - juillet 2016graph

Réflexion

La vérité

« Nous ne croyons pas que la vérité reste encore vérité quand on lui enlève ses voiles », écrivait Nietzsche. Après l’innovation en 2014, la transparence en 2015, la nouvelle édition du Graph Alpes a exploré la vérité… en tentant donc de la « dé-voiler. » L’analyse des champs scientifiques, philosophiques, journalistiques, judiciaires, grâce à des intervenants de renom, a permis de mieux cerner les contours de cette notion parfois galvaudée et d’enrichir la pratique quotidienne hospitalière. Un séminaire au cours duquel la parole a été libre… et vraie !

Toute la vérité, rien que les vérités ? Une notion polysémique Comme le rappelle Cynthia Fleury, philosophe politique, professeur à l’American University of Paris et titulaire de la chaire de philosophie à l’Hôtel-Dieu, la définition même de la vérité est problématique. On relève ainsi une dizaine d’approches : essentialiste : la vérité existe, elle est de nature divine ou ontologique ; relativiste : il s’agit soit de la subjectivité (pour Protagoras, « l’homme est la mesure de toute chose »), soit d’une approche pragmatique (essentialisme remis en cause par les paramètres de la réalité et des points de vue) ; empiriste : elle repose sur les faits ; sociologique : c’est l’approche constructiviste : les faits sont des construits symboliques et socioculturels ; naturaliste, qui se rapproche de la conception essentialiste ; politique : c’est par exemple l’approche parésiastique foucaldienne tentant de concilier, dans un État de droit, liberté et vérité ; scientifique : la vérité comme capacité de reproductibilité, en lien avec la notion d’objectivité, et fonctionnant avec ...

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