Il est des évènements marquants dans la vie de tout un chacun qui, souvent, forgent un souvenir indélébile. Venir visiter un proche décédé dans une chambre mortuaire en fait partie. C’est un moment de bouleversement où chaque détail reste gravé pour longtemps dans la mémoire : un geste ou la parole réconfortante d’un soignant, d’un ami, d’un membre de la famille, la vue d’une enveloppe charnelle aimée reflétant l’apaisement, un lieu offrant un cadre de dignité à un être cher, une lumière, une musique, une couleur, une odeur. Plus que pour tout autre lieu, la conception architecturale d’une chambre mortuaire relève d’un défi architectural.
En France, en 2019, les décès surviennent pour 24 % de la population dans le cadre familier du domicile, pour 12 % en maison de retraite ou en Ehpad et, pour la grande majorité (53 %), dans un établissement hospitalier(1). Les établissements dont le nombre de décès dépasse les 200 par an ont l’obligation de disposer d’une chambre mortuaire ou à défaut d’organiser le transfert du corps dans un autre établissement ou dans une chambre funéraire(2). En 2009, le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) soulignait, d’une part une méconnaissance du nombre et de l’état des lieux des chambres mortuaires, d’autre part deux manières d’appréhender l’espace-temps entre le dernier souffle d’une personne et sa dernière demeure. « Dans le premier cas, [la chambre mortuaire] est conçue comme le lieu de dépôt des corps en l’attente d’un transfert, alors que dans le second cas, l’activité mortuaire se conçoit comme la partie finale d’un parcours hospitalier par les soins apportés au corps du défunt et l’accompagnement des familles et des proches.(3) » Quelle que soit la manière dont l’institution considère ce ...
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