Les apports techniques de l’intelligence artificielle générative sont désormais largement reconnus, dans le domaine de la santé comme dans bien d’autres. Mais son influence sur les pratiques scientifiques, la réflexion critique et la responsabilité des chercheurs appelle un débat de fond. Pour Emmanuel Vigneron, le véritable défi n’est pas seulement technologique, mais profondément humain : il s’agit de préserver la capacité de penser, de juger et de créer face à des outils toujours plus performants. Une réflexion qui invite à repenser les conditions d’un usage éthique et maîtrisé de l’IA dans la recherche et le soin.
Avec la participation d'Arnaud Dellinger, Pierre de Haas, Olivier Claris* * Membre de l'Académie nationale de médecine Les dangers de l’IA générative sont désormais bien repérés. Les analyses convergent. Prenons par exemple la toute récente encyclique du pape Léon XIV(1) et ce que l’on pourrait croire être un parfait opposé du catholicisme romain, les chroniques du journal L’Humanité(2) sur plus d’un an, et comparons la liste des griefs distingués par l’un à celle des dangers repérés par l’autre. Ajoutons-y tout ce qu’une recherche documentaire peut fournir à chacun, ici et là, comme examens critiques de l’IA générative dans des revues ou des journaux sérieux et, bien sûr, dans la revue Esprit elle-même(3). Toutes les critiques convergent et se reconnaissent souvent les unes les autres, abolissant des barrières que l’on croyait bien hautes. Prenons, dans le monde des sciences, celui de la médecine, l'exemple du président de l’Académie nationale de médecine, le Pr Francis Michot, qui, le 27 mai à Bruxelles, en ouverture d’un colloque conjoint avec l’Académie royale de médecine de Belgique(4), qualifiait l’encyclique du ...
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