En transformant la relation de soin par l’introduction d’outils connectés et d’algorithmes, la télésurveillance médicale redéfinit la notion de présence médicale, d’autonomie du patient et de responsabilité partagée, soulevant des questions éthiques inédites. Un groupe de travail de la Délégation au numérique en santé propose un cadre de réflexion structuré autour des différentes étapes du parcours de télésurveillance, insistant sur la nécessité d’une éducation des professionnels comme des patients, d’un consentement dynamique et réversible, et d’une vigilance constante face aux zones que le droit ne couvre pas pleinement.
La télésurveillance médicale(1) est entrée dans le droit commun ; elle laisse entrevoir une meilleure continuité des soins et une coopération renforcée entre professionnels de santé mais pose des questions éthiques. Elle engage en effet un écosystème inédit, qui dépasse le face-à -face soignant/soigné : professionnels de santé, patients, industriels du numérique, plateformes technologiques, hébergeurs de données, autorités sanitaires… Tous interviennent dans une temporalité longue, sur des données sensibles, avec des responsabilités partagées, parfois floues. En effet, avec la télésurveillance, le professionnel de santé n’est pas toujours en interaction avec le patient puisque « l’interlocuteur » quotidien du patient n’est plus celui, ou ceux, qui le prennent en charge mais l’outil de mesure ou de suivi mis à sa disposition. Le patient interagit ainsi principalement avec un outil technique de mesure ou de suivi. De plus, la télésurveillance n’est pas un acte ponctuel, mais une succession d’interventions sur une période prolongée. Face aux défis posés par un « soin algorithmisé », la Délégation au numérique en ...
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