Numéro 519 - octobre 2012[dossier]

Relation de service et modernisation du service public

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Nous pouvons tous faire l’analyse du passage d’une Ă©conomie marquĂ©e par l’ùre industrielle Ă  une Ă©conomie de service et de l’innovation par le service. Nos quotidiens sont Ă©maillĂ©s de ces services nouveaux qui façonnent nos dĂ©placements, nos repas, nos loisirs, nos modes de communication, notre bien-ĂȘtre et notre santĂ©. Cette Ă©volution, qui concerne la plupart des secteurs d’activitĂ©, se caractĂ©rise par un double mouvement : la recherche de services Ă©volutifs et innovants qui viennent simplifier la vie de l’usager et l’adoption de nouvelles pratiques managĂ©riales et comportementales, ce qu’il est convenu d’appeler une « culture de service ». Les services publics ne sont pas restĂ©s Ă  l’écart de cette Ă©volution : ils sont au contraire l’un des secteurs les plus crĂ©atifs en la matiĂšre.

C’est de cette Ă©volution dont nous avons voulu rendre compte dans ce dossier, mobilisant aussi bien les regards d’enseignants-chercheurs que ceux de professionnels issus de mĂ©tiers diffĂ©rents, et donc de cultures diffĂ©rentes. Ainsi, les collectivitĂ©s territoriales tout d’abord, comme l’illustrent ici les cas du Grand Lyon et du conseil gĂ©nĂ©ral de l’IsĂšre, ont dĂ» s’adapter aux dĂ©fis de l’attractivitĂ© des territoires et d’une demande croissante pour des services publics locaux rĂ©pondant aux Ă©volutions de nos modes de vie, dans le domaine de la mobilitĂ© notamment. Pour reprendre les mots de Caroline Richemont, du Grand Lyon, « les dĂ©marches de modernisation des services publics impliquent dĂ©sormais de prendre en compte des perceptions, reprĂ©sentations, attentes ou prĂ©fĂ©rences des bĂ©nĂ©ficiaires pour faire Ă©voluer les offres existantes ou en dĂ©velopper de nouvelles
 Sans pour autant remettre en cause le principe d’égalitĂ© de traitement propre au service public ».

La Poste offre elle aussi l’illustration d’une mutation silencieuse. La tĂąche n’était pourtant pas simple : administration parmi les plus anciennes – fondĂ©e par Louis XI –, dont l’image n’était pas nĂ©cessairement synonyme de modernitĂ© il y a dix ans, confrontĂ©e Ă  la complexitĂ© de gestion de 11 000 bureaux sur le territoire
 Pourtant, les rĂ©sultats sont aujourd’hui tangibles. Les Ă©volutions Ă  l’Ɠuvre au sein d’AĂ©roports de Paris mettent Ă©galement en lumiĂšre ce mouvement gĂ©nĂ©ral qui place la « culture de service » et l’innovation par le service au centre de la transformation des entreprises qui conservent un ADN administratif et technico-industriel encore trĂšs profond. Sans remettre en cause tous les acquis de ce dernier, il s’agit d’en assurer l’évolution, en lien avec un environnement mouvant et des attentes qu’il convient d’écouter, de comprendre et de prendre en compte.

Dans quelle mesure ces exemples peuvent-ils inspirer l’hĂŽpital ? Comment celui-ci aborde-t-il ces transformations ? C’est tout l’objet de ce dossier dont le parti pris est d’abord d’« ouvrir » sur d’autres secteurs d’activitĂ© et d’autres mĂ©tiers dont on s’apercevra peut-ĂȘtre qu’ils ne sont pas si Ă©loignĂ©s que cela du service public hospitalier
 Les organisations progressent en sortant de leurs frontiĂšres pour rencontrer d’autres professionnels, proches ou lointains. Gageons que, trĂšs vite, ces services publics et ces entreprises viendront vers l’hĂŽpital pour voir comment il innove dans son champ de contraintes et comment il dĂ©veloppe la culture de service qui lui est propre.