Numéro 502 - janvier 2011[dossier]

Performance

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Jusqu’oĂč peut aller la recherche de la performance ? Progressivement, la recherche de la performance hospitaliĂšre fait son chemin, mais cette volontĂ© d’optimisation n’est pas sans risques : optimiser le codage peut conduire tout autant Ă  amĂ©liorer les recettes qu’à franchir les lignes de la juste facturation avec la menace de paiements d’indus et de sanctions lors des contrĂŽles de l’Assurance Maladie. Optimiser la durĂ©e de sĂ©jour du patient en rĂ©fĂ©rence aux bornes des tarifs peut tout autant permettre une excellente gestion des lits et capacitĂ©s et une adaptation des organisations hospitaliĂšres que conduire Ă  une prise en charge inadaptĂ©e. La course Ă  l’activitĂ© ne sera pas la rĂ©ponse Ă  l’objectif d’équilibre des comptes hospitaliers. Dans une enveloppe fermĂ©e, elle conduit Ă  la baisse des tarifs, Ă  la segmentation et Ă  la multiplication des actes non pertinents. Il peut donc y avoir confusion, ou plutĂŽt opposition, entre la recherche de la performance Ă©conomique et la quĂȘte de la qualitĂ©, voire de l’opportunitĂ© des soins.

Dans ce contexte de menace inflationniste dans les activitĂ©s de court sĂ©jour (MCO) comme de soins de suite et rĂ©adaptation (SSR), la Direction gĂ©nĂ©rale de l’offre de soins (DGOS) a Ă©laborĂ© un projet de rĂ©gulation de l’activitĂ© hospitaliĂšre Ă  travers le suivi des objectifs quantifiĂ©s de l’offre de soins (OQOS), prĂ©sentĂ© le 7 janvier 2011. Afin qu’ils jouent ce rĂŽle de levier d’action sur les volumes d’activitĂ©, la DGOS prĂ©voit une Ă©volution de la doctrine de ces objectifs. Leur finalitĂ© consisterait dĂšs lors Ă  piloter et planifier l’offre de soins dans le cadre d’un dialogue de gestion entre l’État, l’agence rĂ©gionale de santĂ© (ARS) et l’Ă©tablissement de santĂ©, cela en articulant rĂ©ponse aux besoins de santĂ©, rĂ©partition et efficience de l’offre de soins, dont la maĂźtrise de certains volumes d’activitĂ©s. ParallĂšlement, l’Agence nationale d’appui Ă  la performance des Ă©tablissements de santĂ© et mĂ©dico-sociaux (Anap) privilĂ©gie dans ses trente premiers contrats tripartites la maĂźtrise des dĂ©penses sur l’augmentation des recettes en retenant comme critĂšres de rĂ©ussite de ses actions : rĂ©aliser en 24 mois un « gain » Ă©conomique de 20 % du dĂ©ficit et 2 % du budget, miser sur une augmentation de 30 % des recettes et une diminution de 70 % des coĂ»ts.

Entre la fuite en avant dans l’activitĂ© avec les risques qu’elle engendre pour les patients et le retour Ă  la maĂźtrise planifiĂ©e qui pourrait conduire Ă  la dĂ©gressivitĂ© tarifaire (diminution des tarifs au-delĂ  d’un certain volume d’activitĂ©) ou Ă  l’extension du dispositif de mise sous accord prĂ©alable, la voie du juste soin apparaĂźt de plus en plus incontournable. Des rĂ©fĂ©rentiels relatifs Ă  dix gestes ont ainsi Ă©tĂ© demandĂ©s Ă  la Haute AutoritĂ© de santĂ© (HAS) et sont attendus pour la fin 2011, privilĂ©giant ainsi une politique de maĂźtrise qualitative, fondĂ©e sur la dĂ©finition de rĂ©fĂ©rentiels mĂ©dicaux et sur un contrĂŽle de la pertinence des actes.