Numéro 645 - avril 2025 dossier

France-Espagne

Dix ans d’une expérience transfrontalière

L’hôpital de Cerdagne

Meitat de França, meitat d’Espanya, no hi ha altra terra com la Cerdanya. Ces mots sont sans doute les premiers écrits en catalan dans Gestions hospitalières. Et leur traduction française, « Moitié de France, moitié d’Espagne, nulle autre terre n’est pareille à la Cerdagne », témoigne de la singularité d’un territoire où les réalités humaines, culturelles, linguistiques et sanitaires n’ont jamais été effacées par les vicissitudes de l’Histoire

En 1659, par le traité des Pyrénées, qui conclut une longue guerre avec l’Espagne, la France annexe le comté du Roussillon, les pays du Vallespir, du Conflent et du Capcir ainsi que trente-trois villages du comté de Cerdagne, qu'on appelle aujourd’hui la Haute-Cerdagne (la Basse-Cerdagne étant restée espagnole). Cette nouvelle frontière complètement artificielle, imposée à la population locale, ne met toutefois pas fin aux liens étroits entre les habitants des deux Cerdagnes, qui continuent au long des siècles à parler la langue catalane, à partager une culture commune, à fréquenter les mêmes pèlerinages, à visiter des parents et à posséder des biens des deux côtés de la frontière. Au sein de ce plateau cerdan et de son voisin du Capcir, situés dans l’est du massif des Pyrénées, à une altitude comprise entre 1 200 et 1 800 mètres, l’hospital major (« le grand hôpital ») ou encore l’hospital de pobres (« l’hôpital des pauvres »), accueille depuis 1190 les indigents et les malades. Les avatars du traité des Pyrénées le rangent au XVIIe siècle du côté espagnol de la nouvelle frontière – à Puigcerdà – et en ...

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