Lors dâune Ă©tude de deux mois concernant les malades mentaux criminels hospitalisĂ©s au service de psychiatrie lĂ©gale de lâhĂŽpital Razi (Tunis), Ă la suite dâun non-lieu pour cause de dĂ©mence, les auteurs ont Ă©valuĂ©, via un questionnaire, la stigmatisation que ressentaient les proches de ces malades, lâhumiliation, le rejet ou lâĂ©vitement subis, ainsi que le besoin de cacher les faits et la situation.
Le mot «âstigmateâ», du grec stigma, dĂ©signait dans lâAntiquitĂ© les marques corporelles gravĂ©es au couteau ou au fer rouge sur le corps des esclaves, des criminels, des traĂźtres et de tout autre individu Ă Ă©viter. Aujourdâhui, la stigmatisation est utilisĂ©e pour caractĂ©riser une personne Ă travers lâattribution de dĂ©terminants perçus comme nĂ©gatifs par la sociĂ©tĂ© et qui conduit Ă la discrimination (1), la discrimination Ă©tant une distinction injuste dans la façon de traiter les personnes ou catĂ©gories de personnes (2). Les personnes objets de la stigmatisation Ă©prouvent des sentiments de gĂȘne et de ressentiment. Elles sont victimes dâabandon, dâexclusion, de rejet. Il sâagit dâune expĂ©rience profonde de discrĂ©dit et dâisolement social, associĂ©s Ă des sentiments de culpabilitĂ©, de honte, dâinfĂ©rioritĂ© et Ă un dĂ©sir de dissimulation. La stigmatisation implique non seulement le malade mental criminel, mais aussi son entourage, surtout sa famille et ses proches (3). Elle accompagne toutes les formes de maladies mentales, mais est en gĂ©nĂ©ral dâautant plus marquĂ©e que le comportement de lâindividu diffĂšre davantage de ...
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