Aux urgences, décider ne consiste pas seulement à poser un diagnostic ou à engager un traitement. Il faut aussi, souvent en quelques heures – parfois en quelques minutes –, répondre à une question apparemment simple : ce patient peut-il rentrer chez lui ou doit-il être hospitalisé ? Cette décision, répétée quotidiennement, engage pourtant des conséquences qui se mesurent en semaines, voire en mois.
Des outils d’intelligence artificielle générative ont été utilisés au cours de la préparation et de la révision rédactionnelle du manuscrit ; les auteurs ont vérifié et assument l’intégralité de son contenu. Derrière cette alternative se concentre une grande partie de la complexité de la médecine d’urgence. La décision doit intégrer la gravité immédiate, le risque d’aggravation secondaire, les incertitudes diagnostiques, mais aussi l’âge, la fragilité, l’autonomie, les capacités de compréhension du patient, son environnement familial et social et les possibilités effectives de suivi après sa sortie. Elle intervient, de surcroît, dans un système soumis à une forte tension sur les lits hospitaliers, à l’allongement des temps de passage aux urgences et aux difficultés persistantes d’accès aux soins non programmés. L’urgence, par nature, comprime le temps de la réflexion. Elle impose de trancher avec des informations incomplètes, sous la pression de l’organisation des soins, de la disponibilité des lits, de la fatigue du soignant et de l’anxiété de l’entourage. Cette compression temporelle n’élimine pas la complexité ...
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