Le centre hospitalier du Rouvray, en Normandie, a lancé un projet culturel ambitieux pour lutter contre la stigmatisation liée à la maladie mentale. Ce projet s’appuie sur l’art comme levier thérapeutique et social, avec plusieurs objectifs : changer le regard sur la psychiatrie, reconnaître les patients comme des personnes à part entière, favoriser leur réinsertion, impliquer les soignants et créer des liens entre santé, culture et entreprise. Une initiative qui démontre qu’un établissement psychiatrique peut aussi être un lieu de création, d’humanité et d’inclusion.
Dans le champ de la psychiatrie, il y a, encore aujourd’hui, des murs invisibles plus hauts que ceux de pierre qui délimitent un centre hospitalier psychiatrique. Des murs de craintes, d’ignorance et de silence, de honte aussi. De ceux qui entourent la folie, ou plutôt ce que la société appelle ainsi. Car le mot lui-même suscite le malaise, chargé d’histoires tues, de regards détournés. Malgré les avancées de la science, les voix qui s’élèvent, dont celle récemment du journaliste Nicolas Demorand(1) et de bien d’autres personnalités médiatiques, le regard porté sur la maladie mentale reste lourd de soupçon et d’exclusion, tout comme les représentations sociales associées à la folie, à la maladie mentale, et ce quelles que soient les couches sociales et les classes d’âge(2). Dans une étude réalisée entre 1999 et 2003 sur la santé de la population générale française par la Direction générale de la recherche des études de l’évaluation et des statistiques (Drees), 45 % des personnes interrogées pensaient que commettre un meurtre était associé au fait d’être « fou »(3). Comme si toute violence avait pour origine un ...
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