Numéro 507 - juillet 2011rencontres

Réflexion

Vers un nouveau modèle du soin ?

L’émergence de nouveaux dispositifs de communication a diffusé l’information médicale à grande échelle sur un mode kaléidoscopique. On a vu foisonner de nouveaux concepts – chaînes de cliniques médicales, réseaux sanitaires, filières de soins, cybermédecine, portails de santé, systèmes informatiques d’aide à la décision, dossier médical personnel… –, et tout se passe comme si le colloque singulier se diluait progressivement dans un jeu d’interconnexions qui s’élargit aux confrères, pharmaciens,professions paramédicales, décideurs, laboratoires d’analyse et associations de patients. La compétence d’un seul se résorbe dans la coordination généralisée du partenariat. Ce phénomène de désingularisation de la relation médecin/malade pourrait s’amplifier avec la raréfaction du nombre de médecins généralistes puisque les jeunes diplômés ne sont plus que 10 % à choisir le secteur libéral. Ce qui nous amène à nous demander si nous ne sommes pas les contemporains de l’émergence d’un nouveau modèle de soin…

Le modèle de la clinique Le modèle classique du soin est celui de la clinique. Le concept de clinique a pour origine grecque klinê, « lit », klinikos venant de klinein, « être couché ». Une pratique de soin relève de la « clinique » lorsqu’elle a lieu auprès du lit des malades, sans recourir à des instruments de laboratoire, simplement par le regard, l’écoute, l’observation. On parle parfois du « bon sens clinique ». Cette activité, dans la pensée médicale occidentale, est rythmée selon trois temps : diagnostic, pronostic, thérapeutique. Le diagnostic est considéré comme le temps fort de la clinique puisque le pronostic et le traitement en découlent. Hippocrate a fondé la médecine rationnelle, en la débarrassant des explications par le surnaturel. Il a fait reposer l’art médical sur une description minutieuse des symptômes. Si ces derniers ne prouvent rien, ils apportent des indications, des indices de troubles, lesquels peuvent être subjectifs (docteur, j’ai mal à tel endroit) ou objectifs, que le médecin découvre lors de l’auscultation. Pour Galien, lointain et éminent disciple d’Hippocrate, la clinique consiste à ...

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