Numéro 552 - janvier 2016dossier

Entretien

Situation et gestion de crise

Les attentats du 13 novembre à Paris

Lors des attentats du 13 novembre dernier, les établissements de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris ont dû faire face à une crise inédite : afflux de victimes, en état de choc, souvent atteintes de blessures de type traumatologie de guerre… Les équipes médicales et soignantes ont fait preuve d’une réactivité remarquable. La direction générale a dû mettre en place, en urgence, une stratégie de communication, qui s’est déployée afin de donner à chacun, victime, agent, citoyen, les informations au plus près de la situation vécue. Qui a construit cette stratégie ? Quels éléments ont présidé aux choix de communication ? Entretien avec Patrick Chanson, directeur de la communication de l’AP-HP.

Le 13 novembre au matin, étiez-vous prêts à faire face à une telle crise ? Peut-on anticiper ce type de situation ? Ces situations sont évidemment anticipées et des procédures sont prévues. Le Samu travaille depuis des années à modéliser les interventions urgentes et la gestion de crise. Le personnel est compétent grâce à une formation continue et une remise à niveau régulière. Le matin même des attentats, le vendredi 13 novembre, une mise en situation d’une attaque avait fait l’objet d’un exercice. Le soir des attentats, le plan blanc a ainsi été déployé dès 22 h 30. D’un autre côté, si, le 13 novembre au matin, urgentistes, anesthésistes, soignants avaient été interrogés, la plupart aurait répondu qu’ils ne se sentaient pas prêts à affronter ce type de situation. Une crise de cette ampleur crée un point de bascule en temps réel, et ce sont tous les agents du service public qui se sont mobilisés, sans faille. Qui a participé à la cellule de gestion de crise ? Des médecins, urgentistes, chirurgiens ont-ils été associés ? La mise en place d’une cellule de crise fait partie du déploiement du plan blanc. Elle ...

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