Numéro 572 - janvier 2018dossier

Rétrospective

Petite histoire de la prise en charge psychiatrique

Au vu de l’augmentation des internements et des soins sans consentement, il semble nécessaire de repenser les cadres de notre prise en charge psychiatrique. À cet égard, l’histoire nous rappelle le rôle central de la famille et de la communauté dans l’accueil de ces malades et signale l’importance qu’il y a à les soutenir, à les accompagner et, surtout, à y ancrer la prise en charge psychiatrique de demain.

Si la psychiatrie, comme discipline à part entière, n’a vu le jour qu’au début du XIXe siècle, la prise en charge de la folie existe, elle, depuis que des hommes se sont inquiétés du sort de leurs congénères souffrants et ont tenté de les aider. Dès les premiers pas de la médecine, cinq siècles avant notre ère, la maladie mentale faisait déjà l’objet d’analyses et de tentatives de soin. Les médecins hippocratiques, qui y voyaient un déséquilibre des humeurs, proposaient par exemple une thérapeutique fondée sur la transformation du régime, sur l’utilisation de certaines plantes, notamment l’hellébore, ainsi que sur le dialogue entre médecin et malade. Quelques siècles plus tard, le médecin romain Célius Aurélien préconisait, pour soigner la manie, d’isoler le malade avant de lui faire lire des livres pour exercer son esprit, puis de le « harceler de questions (1)» afin de le faire parler. Reste que, à cette époque, et ce fut le cas pendant plusieurs siècles, les malades étaient essentiellement gardés dans les familles, à l’exception peut-être des plus dangereux, souvent exclus des communautés et condamnés à une vie de ...

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