Numéro 500 - novembre 2010dossier

Coopération et territoires

L’hôpital à l’épreuve de ses territoires

À l’heure de la loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST), la présente contribution vise, via les archives de notre revue, à analyser le développement de la coopération dans la politique sanitaire française. Il ne s’agit pas d’un exposé juridique sur le sujet mais de « faire parler » les acteurs mêmes de cette coopération, afin de saisir leurs innovations, leurs anticipations, leurs craintes et leurs souhaits au fur et à mesure que les instruments d’application de cette nouvelle formule de réponse à la demande de soins des usagers se mettent en place dans le temps et dans l’espace. « Du passé bien observé, on peut facilement déduire l’avenir », écrivait Claude Henri de Saint-Simon.

Si la reproduction des écrits des contributeurs successifs de Gestions hospitalières a une faiblesse – elle est tributaire d’une sélection procédée par l’auteur –, elle a le mérite de questionner les permanences et les mutations que les concepts de « coopération » et de « territoires » ont induit, et continuent d’induire, dans les représentations des acteurs du monde hospitalier. Avant la coopération, le « décloisonnement » de l’hôpital L’idée de coopération interhospitalière est relativement nouvelle puisque c’est seulement avec la loi du 31 décembre 1970 que le législateur a incité les hôpitaux et les cliniques (notamment à but non lucratif) à se regrouper. C’est la naissance de deux concepts : les groupements interhospitaliers et les syndicats interhospitaliers. À l’origine, groupements et syndicats ont une base géographique, le secteur sanitaire, une unité territoriale d’environ 70 000 habitants. Avec la loi du 3 janvier 1984, le cadre territorial est supprimé en faveur des syndicats interhospitaliers. La loi du 31 juillet 1991 remplace ensuite les groupements interhospitaliers par les conférences sanitaires de ...

Vous pouvez lire la suite en vous identifiant ou en créant votre profil si vous ne l’avez pas encore fait.