Numéro 581 - décembre 2018dossier

fonction publique

Le rétablissement du jour de carence*

Que peut-on en attendre ?

Voté le 20 novembre 2017 dans le cadre du projet de loi de finances pour 2018, le rétablissement du jour de carence au sein de la fonction publique a pris effet au 1er janvier dernier(1). Cette mesure, qui avait déjà été mise en place en 2012 mais rapidement abandonnée, a rencontré une vive opposition de la gauche et des syndicats de fonctionnaires, tandis que la FHF, qui réclamait ce rétablissement, a salué la décision du gouvernement. Elle reste très controversée quant aux effets escomptés, dans un contexte où l’absentéisme croissant pèse de plus en plus sur les conditions de travail et sur les ressources (humaines et financières), en particulier dans les établissements de santé. 

* Insee, « Le jour de carence dans la fonction publique de l’État : moins d’absences courtes, plus d’absences longues », Insee Analyses, n° 36, novembre 2017. www.insee.fr La première raison du rétablissement du jour de carence est la volonté de lutter contre un absentéisme croissant au sein de la fonction publique, en particulier dans les établissements de santé, comme l’affirme le ministre de l’Action et des Comptes publics, qui souhaite combattre le micro-absentéisme « qui désorganise les services et alourdit la charge de travail des collègues en poste ». Ainsi, cette mesure s’inscrit dans un contexte d’augmentation de l’absentéisme depuis 2007, en particulier dans les établissements de santé, comme le révèle une étude de Sofaxis(2): les absences, tous motifs confondus, progressent depuis 2007, avec une augmentation de la fréquence des arrêts de 10 %, des agents concernés de plus en plus nombreux (la proportion d’agents absents, c’est-à-dire l’exposition, a augmenté de 9 %) et des arrêts plus longs de 20 % (la gravité des arrêts est donc en hausse) (graphique 1). [encadre_shortcode ...

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