Si la check-list de sécurité au bloc opératoire est un rempart essentiel contre les risques liés aux soins, son application seule ne garantit pas son efficacité. Réduite à une formalité administrative, elle perd sa fonction première : révéler les dangers, encourager la contradiction et permettre à chacun d’alerter. À la lumière des excès de confiance et biais d’optimisme qui touchent même les équipes expérimentées, cet article explore les conditions d’un usage réellement sécurisant de cet outil.
La check-list de sécurité du patient au bloc opératoire est souvent présentée comme une barrière simple, facile à mettre en œuvre et efficace. Pourtant, sur le terrain, elle peut être vécue par certains professionnels comme un avatar administratif supplémentaire, inutile, chronophage et éloigné de la réalité du travail. Cette perception ne doit pas être écartée trop rapidement : elle révèle un enjeu essentiel de sécurité, celui du passage de la conformité documentaire à la vigilance collective. Elle conduit également à interroger l’impact de l’excès de confiance, susceptible d’altérer la perception des risques et de fragiliser la sécurité des patients. La question n’est donc plus seulement de savoir si la check-list est réalisée, mais si elle est réellement bien réalisée. Lorsqu’elle devient une formalité récitée, anticipée, cochée parfois a posteriori, elle perd sa capacité à faire émerger les risques, les doutes et les désaccords. À l’inverse, lorsqu’elle est conduite comme un temps d’arrêt collectif, elle transforme l’expertise individuelle en vigilance partagée au sein de l’équipe. Le paradoxe ...
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