À travers cet article, Nicolas Schwalbe propose d’interroger la transmission de la « psychothérapie institutionnelle » à travers l’écriture littéraire de Marie Depussé (1934-2017), professeure agrégée de lettres classiques et psychanalyste. Sans se limiter à un témoignage, ses textes mettent en scène un mode d’élaboration du soin où les gestes du quotidien, la parole partagée et la mémoire des lieux constituent une politique de l’attention et du care. Loin des protocoles standardisés, son écriture invente un langage du soin capable de relier la clinique, l’éthique et le collectif. Elle nous invite à penser la dimension poétique de l’organisation institutionnelle, ou comment une clinique peut se construire à partir du paysage, des rythmes et de la parole ordinaire. À une époque où les établissements de santé sont soumis à la logique des indicateurs quantitatifs, son œuvre rappelle que l’efficacité du soin réside parfois dans ce qui échappe à la mesure – dans le lien, la parole et la transmission d’un savoir situé.
Transmettre la « psychothérapie institutionnelle » à l’aide du « littoral » des lettres Nous nous limiterons dans cet article à un examen circonscrit d’extraits des textes littéraires de Marie Depussé pour montrer comment, grâce à son écriture, elle esquisse les linéaments d’une « passe » ou d’une transmission de la « psychothérapie institutionnelle », pas juste pour celles et ceux qui travaillent auprès de la folie. Il ne s’agit donc pas de la transmission d’une théorie et d’une pratique assimilables à un savoir déjà institué, mais de ce que Lacan nomma tardivement un « savoir y faire », qui est, rappelle le psychanalyste, « autre chose que de savoir faire » et qui relève d’un « (se) débrouiller(1) ». Aussi Marie Depussé aura-t-elle su, grâce à son écriture, « débrouiller » certaines confusions, controverses et malentendus qui plombent encore, non seulement les héritiers et légataires de la « psychothérapie institutionnelle », mais aussi plus largement les psychiatres et les psychanalystes, tout particulièrement ceux que l’on dit ou qui se disent « lacaniens ». Ces ...
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