Déficits chroniques, endettement, nouvelles exigences de maîtrise des dépenses : l’hôpital public est plus que jamais confronté à un paradoxe : alors que l’État resserre les rouages de son pilotage financier, comment repenser ce cadre financier tout en redynamisant la responsabilisation des établissements publics de santé ? Les auteurs reviennent ici sur l’évolution des règles de financement hospitalier et esquissent les conditions d’un modèle plus soutenable.
Alors que la situation financière des établissements publics de santé ne cesse de se dégrader au sortir de la crise sanitaire, affichant un déficit consolidé record de près de 2,9 milliards d’euros (1), leurs déséquilibres apparaissent dorénavant chroniques et pèsent sur le déficit global de l’ensemble des administrations publiques (qui atteignait 5,1 % (2) en 2025). Les récentes directives budgétaires, notamment la circulaire Bayrou (3), tentent d’installer sur le long terme un effort financier important demandé aux établissements publics de santé afin de s’inscrire dans la trajectoire nationale des finances publiques visant à ramener le déficit public à 3 % à horizon 2029 (4). Trente ans après l’instauration des lois de financement de la sécurité sociale censées réguler les dépenses sociales, il s’agit de s’interroger sur le rôle de l’État concernant un resserrement financier des établissements publics de santé. Cette reprise en main résulte-t-elle d’un mauvais arbitrage de l’État ayant pesé structurellement sur la responsabilité des établissements de santé à assainir leurs situations budgétaires ? Les crises ...
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