encadrĂ© 1 La vĂ©ritĂ© nue⊠Et si vous nous parliez de la beautĂ©, Gilles Lipovetskyâ?* Pour la seconde annĂ©e consĂ©cutive, le Graph Alpes a eu lâhonneur de recevoir Gilles Lipovetsky pour une confĂ©rence consacrĂ©e Ă la vĂ©ritĂ© Ă travers la beautĂ© fĂ©minine. Historiquement, si la GrĂšce antique valorisait la beautĂ© masculine, la beautĂ© fĂ©minine Ă©tait chargĂ©e de rĂ©sonance nĂ©gative et la femme vue comme un ĂȘtre de mensonge, un danger redoutable qui se pare des traits de la sĂ©duction. Que ce soit chez HomĂšre, avec la description de la beautĂ© fatale dâHĂ©lĂšne suscitĂ©e par Zeus pour que les hommes se disputent, ou chez HĂ©siode, qui soulignait que sous les traits de la beautĂ© fĂ©minine se dĂ©gagent la tromperie et le faux, il y a chez lâensemble des auteurs grecs classiques une mise Ă lâindex de la beautĂ© fĂ©minine. Pour Platon, dans le Gorgias, les artifices du maquillage sont indignes et relĂšvent de la sĂ©duction, de la ruse, comme la rhĂ©torique. Les rĂ©cits bibliques ne sont pas plus tendres puisque MoĂŻse ou David sont dĂ©crits comme des hommes dont la beautĂ© reflĂšte la vertu alors que Eve est vue comme une crĂ©ature qui dĂ©tourne ...
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