En 2014, les candidats externes au concours de directeur dâhĂŽpital ont dĂ» plancher sur un sujet de culture gĂ©nĂ©rale particuliĂšrement intĂ©ressant. LâĂ©preuve dâadmissibilitĂ© dĂ©voilait cette citation dâEdgar Morin, extraite de Un nouveau commencement, essai de 1991â: «âUne sociĂ©tĂ© ne peut progresser en complexitĂ© que si elle progresse en solidaritĂ©.â» Il nous semble que cette rĂ©flexion rĂ©pond Ă lâactualitĂ© de tout hospitalier, quelle que soit sa place. Nous proposons ici un numĂ©ro portĂ© par une convictionâ: «âbien communâ», pour reprendre lâexpression de Cynthia Fleury, lâhĂŽpital public est aussi une grande opportunitĂ© pour penser le soin, ses gestes et son organisation. Car lâadministration publique, le secteur sanitaire et social ne sont pas Ă la traĂźne pour embarquer dans la modernitĂ©. Mais bien en avance. En avance pour dĂ©crire les rapports intimes qui Ă©voluent entre le patient et le soignant lorsque la technologie sâinterposeâ; pour analyser les organisations complexes ou perturber les discours gestionnaires Ă la modeâ; aussi pour penser lâexpĂ©rience de la maladie sous des angles imprĂ©vus. Mais peut-ĂȘtre que lâhĂŽpital public nâest ni en retard ni en avanceâ; simplement capable dâĂȘtre de son temps, et câest lĂ toute sa noblesse. Lier innovation technique, Ă©quilibre financier et progrĂšs social. ConsidĂ©rer finalement, comme Egdar Morin, que la solidaritĂ© reste le socle sur lequel sâĂ©rige toute sociĂ©tĂ© qui veut sâaccroĂźtre et se perfectionner, sâĂ©lever et prospĂ©rer.
Numéro
557 - juillet 2016[dossier]
Penser le soin
Temps de lecture : < 1 minute

