Numéro 557 - juillet 2016[dossier]

Penser le soin

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En 2014, les candidats externes au concours de directeur d’hĂŽpital ont dĂ» plancher sur un sujet de culture gĂ©nĂ©rale particuliĂšrement intĂ©ressant. L’épreuve d’admissibilitĂ© dĂ©voilait cette citation d’Edgar Morin, extraite de Un nouveau commencement, essai de 1991 : « Une sociĂ©tĂ© ne peut progresser en complexitĂ© que si elle progresse en solidaritĂ©. » Il nous semble que cette rĂ©flexion rĂ©pond Ă  l’actualitĂ© de tout hospitalier, quelle que soit sa place. Nous proposons ici un numĂ©ro portĂ© par une conviction : « bien commun », pour reprendre l’expression de Cynthia Fleury, l’hĂŽpital public est aussi une grande opportunitĂ© pour penser le soin, ses gestes et son organisation. Car l’administration publique, le secteur sanitaire et social ne sont pas Ă  la traĂźne pour embarquer dans la modernitĂ©. Mais bien en avance. En avance pour dĂ©crire les rapports intimes qui Ă©voluent entre le patient et le soignant lorsque la technologie s’interpose ; pour analyser les organisations complexes ou perturber les discours gestionnaires Ă  la mode ; aussi pour penser l’expĂ©rience de la maladie sous des angles imprĂ©vus. Mais peut-ĂȘtre que l’hĂŽpital public n’est ni en retard ni en avance ; simplement capable d’ĂȘtre de son temps, et c’est lĂ  toute sa noblesse. Lier innovation technique, Ă©quilibre financier et progrĂšs social. ConsidĂ©rer finalement, comme Egdar Morin, que la solidaritĂ© reste le socle sur lequel s’érige toute sociĂ©tĂ© qui veut s’accroĂźtre et se perfectionner, s’élever et prospĂ©rer.