La conscience de la finitude apparaît comme une capacité spécifiquement humaine et un évènement déterminant d’identification du passage de l’anthropoïde à l’homme. Ce qui témoigne de cette prise de conscience, c’est la sollicitude vis-à -vis du mort, depuis les premières tombes ou les premières traces de bûcher jusqu’à la complexité des rites funéraires. Ces rites d’accompagnement du mort contiennent des récurrences nettes, quelles que soient les cultures et les époques, en particulier un certain maternage, avec, comme objectif manifeste, d’aider le défunt à accéder à sa seconde vie. Une lecture des raisons latentes de ces soins met en lumière l’ambivalence cachée des (sur)vivants. Le mort, potentiel persécuteur, doit être apaisé afin qu’il ne revienne pas et que la mort de l’autre ne devienne pas la mort de soi. En ce sens, les rituels de soin au mort ont pour fonction principale d’apporter la paix aux vivants.
Le propre de l’homme Le propre d’Homo sapiens, dans ce qui le distingue des autres espèces, est traditionnellement associé à quelques grandes étapes de l’évolution : bipédie, usage d’outils, développement cognitif (langage, humour, abstraction) et surtout conscience de la mort – la sienne comme celle d’autrui. Il est peu probable qu’une seule de ces caractéristiques suffise à expliquer son développement inédit. La bipédie, en libérant les mains, est presque exclusivement humaine, mais pourrait être autant une conséquence qu’une cause du développement cognitif. De même, certains animaux – primates, éléphants, oiseaux – utilisent des éléments de leur environnement comme outils, mais sans la transformation ni la transmission qui caractérisent une véritable culture technique humaine. Quant aux compétences cognitives, si Sapiens reste inégalé, les recherches récentes tendent à montrer qu’il se distingue moins par nature que par degré. L’humour, le langage, la capacité d’abstraction ou d’introspection existent chez d’autres espèces, mais à une intensité moindre. La conscience humaine de sa finitude n’échappe ...
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