Numéro 614 - mars 2022décryptage

cour des comptes

Biologie médicale

Examen de contrôle et piqûre de rappel

À l’image de Boileau, la Cour des comptes remet vingt fois son ouvrage sur le métier, notamment à l’occasion de travaux concernant la santé, considérant sans doute que l’efficacité du message pédagogique réside dans l’art (poétique ?) de la répétition. Ainsi, dans son rapport sur l’exécution de la loi de financement de la sécurité sociale, elle consacre un chapitre aux dépenses de biologie médicale(1) sur lesquelles elle s’était déjà attachée à produire une volumineuse étude réalisée, en vertu de l’article L.O132-3.1 du code des juridictions financières, à la demande de la commission des affaires sociales du Sénat(2).

Huit ans plus tard, la Cour des comptes fait à nouveau le point sur les évolutions intervenues dans un domaine dont l’importance ne peut être mésestimée : les examens de biologie médicale concourent à la réalisation des deux tiers des diagnostics et représentent au minimum 6 milliards d’euros de dépenses par an, se répartissant (en 2019) en 3,2 milliards pour les laboratoires ou les établissements de santé privés lucratifs et 2,7 milliards pour les établissements de santé publics ou privés non lucratifs, ces montants ayant été fortement majorés en 2020 du fait des tests liés au Covid.  Le secteur a connu au cours de la décennie précédente une forte concentration capitalistique et une financiarisation croissante sous l’influence de la loi du 11 décembre 2001 portant mesures urgentes de réforme à caractère économique et financier qui a autorisé l’ouverture du capital des sociétés d’exploitation des laboratoires à des sociétés financières non détenues par des biologistes : le nombre de sociétés d’exploitation de laboratoires de ville, qui était de 2 145 en 2010, est passé en 2016 à 510 pour environ 4 000 ...

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