Peut-ĂŞtre l’ouvrage est-il toujours dans votre bibliothèque, hĂ©ritage d’un prix scolaire ou d’étrennes reçus par un grand-parent… Maroussia, une des nouvelles ukrainiennes que Marko Vovtchok – pseudonyme masculin de l’Ă©crivaine et traductrice Maria Aleksandrovna Vilinska – Ă©crit en 1871, fait connaĂ®tre son auteure en France. Lors d’un sĂ©jour Ă Paris, la jeune Ă©crivaine rencontre Pierre-Jules Hetzel (l’éditeur de Jules Verne) et lui fait lire la traduction française de Maroussia.
TouchĂ© par ce rĂ©cit du tragique destin d’une petite fille ukrainienne, Hetzel va remanier le texte, l’adapter au goĂ»t français et l’éditer sous son propre pseudonyme, Pierre-Jules Stahl, en 1878. Maroussia est un succès. Ce rĂ©cit patriotique trouve en France un Ă©cho particulier, Ă une Ă©poque oĂą l’Alsace-Lorraine est occupĂ©e par les Prussiens. La dernière gravure de l’Ă©dition française de Hetzel montre une Maroussia se tenant fièrement debout, le bras levĂ©, telle la statue de la LibertĂ©, avec la lĂ©gende suivante :
« Il est malheureusement plus d’une Ukraine au monde ; veuille Dieu que, dans tous les pays que la force a soumis au joug de l’étranger, il naisse beaucoup de Maroussia capables de vivre et de mourir comme la petite Maroussia. »
Source WikipĂ©dia – Maroussia, rééditĂ© en poche en 2014.


