« Le suicide d’un jeune neurochirurgien sur son lieu de travail, au bloc opératoire, au CHU de Grenoble, a profondément marqué tous les professionnels de cet établissement. Ce drame a fait émerger les situations d’autres professionnels en difficulté. » Ainsi débute le rapport rendu public le 8 janvier 2018 du médiateur national Édouard Couty, commandé par la ministre de la Santé.
Ce drame s’inscrit dans une série malheureusement déjà longue de suicides de médecins, d’internes et de professionnels hospitaliers dans de nombreux établissements, tels le CHU de Montpellier en mars 2010 et l’AP-HM en février 2016.
À la suite du suicide d’un professeur de cardiologie sur son lieu de travail à l’hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP) le 17 décembre 2015, a été créée l’Association nationale Jean-Louis-Mégnien de lutte contre la maltraitance et le harcèlement au sein de l’hôpital public. Cette association a pour but affiché de faire mieux connaître et de contribuer, par tous les moyens, à combattre les diverses formes de maltraitance et de harcèlement au sein de l’hôpital public.
Parmi les causes de ce mal-être croissant constaté à l’hôpital sont pointés, au-delà des prédispositions individuelles, les modes de management et de gouvernance, de sélection et de compétition, les responsabilités, la charge de travail et émotionnelle dans un contexte de restructuration permanente et de limitation budgétaire.
Marisol Touraine, précédente ministre de la Santé, avait désigné l’ancien directeur des hôpitaux, Édouard Couty, comme médiateur national, dans le cadre d’un plan d’action pour prévenir le malaise des soignants et les situations conflictuelles à l’’hôpital. Cette nomination s’inscrivait dans la stratégie nationale d’amélioration de la qualité de vie au travail des professionnels de santé avec un plan prévoyant notamment l’investissement de quelque 30 millions d’euros pour le déploiement, sur trois ans, de services de santé au travail dans chaque groupement hospitalier de territoire (GHT), ou encore la formation des professionnels « à la détection des risques psychosociaux et à la gestion des équipes ». Il avait été promis en septembre 2016 après les suicides d’au moins cinq infirmiers au cours de l’été.
À lire
• Rapport Couty – http://solidarites-sante.gouv.fr
• M.-F. Hirigoyen, Le Harcèlement moral au travail, Que sais-je, PUF, 2017.
• Circulaire n° SE1 2014-1 du 4 mars 2014 relative à la lutte contre le harcèlement dans la fonction publique, dite « circulaire Lebranchu » www.fonction-publique.gouv.fr

